Korean Natural Farming…

…ou comment cultiver des mycorhizes

Le dernier cri dans la communauté des jardiniers au naturel, le Korean Natural Farming est une approche holistique d’amélioration du sol par des potions qui n’ont rien à envier aux soupes de crapaud d’antan. En concoctant des fertilisants grouillant de microbes, le KNF rejoint la fascination du moment pour la fermentation, le microbiote et les probiotiques.

Cette méthode d’amélioration naturelle du sol s’est développée à partir de différentes techniques anciennes japonaises en combinaison avec la fermentation à la coréenne dans les années soixante. Elle vise à fournir à la terre des micro-organismes pour amender le sol et nourrir les plantes sans retournement et sans apport d’engrais artificiels.
Ces traitements probiotiques auraient les mêmes effets bénéfiques pour la terre que la consommation du kimchi, une fermentation de légumes également originaire de Corée, pour nos intestins.
Pour ma première expérience avec le KNF, j’ai trouvé une recette* de IMO, Indigenous Micro-Organsims, ou micro-organismes indigènes (les fanas de KNF sont aussi très prolifiques en acronymes!). C’est la préparation de base avec laquelle on peut fertiliser potager, vivaces, arbres et arbustes.

La première étape consiste à cuire une tasse de riz complet dans une tasse d’eau pendant 15 à 20 minutes. Il ne doit pas être complètement cuit et il faut surveiller l’évaporation de l’eau. Le riz mi-cuit est mis dans un récipient en bois ou un panier, qu’il ne doit pas remplir à plus de deux tiers de sa contenance pour permettre à l’air de circuler. Protégé par un couvercle contre la pluie, on enterre ensuite le panier sous un arbre caduc et sain en le recouvrant de feuilles mortes et de terre. Au bout de  quatre ou cinq jours, le riz doit être couvert d’un fin voile blanc ressemblant à de la barbe à papa.
Mais à ma première tentative au mois de mars, il ne s’était rien passé au bout de cinq jours et au septième jour le riz avait pourri. La deuxième tentative au mois de mai était la bonne : mon riz était couvert d’une fine ouate comme décrit dans la recette. Les températures plus clémentes y étaient peut-être pour quelque chose.

A ce stade, l’afficionado du KNF se plaît à appeler la préparation IMO 1. Et à chaque étape, il poursuit ainsi à numéroter les potions.
Pour obtenir IMO 2, il suffit de peser IMO 1 et d’ajouter le même poids en sucre bio.
Ce mélange doit fermenter dans un endroit relativement chaud pendant quatre à cinq jours dans un bocal couvert d’un tissu pour permettre à l’air de rentrer.
Au bout de ce temps on obtient IMO 2, prêt pour la suite, mais on peut aussi le garder, indéfiniment selon certaines sources !
Pour l’étape suivante, il faut se procurer un seau de son d’avoine ou de blé et verser celui-ci sur le sol de son jardin. Deux grosses cuillers à soupe d’IMO 2 diluées dans un seau d’eau sont versées sur le son et on mélange le tout avec une bêche.
Etalée en un tas plat, on couvre la préparation d’un mulch de feuilles et d’un bout de carton et on laisse à nouveau fermenter. Si le tas chauffe trop fort, il faut le retourner pour abaisser la température.
Après cinq jour, le tas est à nouveau couvert de ouate blanche, les mycorhizes tant convoités et précieux pour l’amélioration du sol. On arrive à l’IMO 3 et il ne reste plus qu’une étape pour obtenir le produit final !Afin de produire des micro-organismes vraiment indigènes, on mélange l’IMO 3 dans un rapport de un pour un en volume avec le sol du jardin. On couvre à nouveau et hop ! après seulement une autre semaine l’IMO 4 est prêt à l’emploi !
Ce fertilisant s’utilise à même le sol par petites quantités. L’IMO est plutôt semé clair pour inoculer le sol avec les microbes bénéfiques, à raison d’une ou deux poignées par mètre carré. Comme ces micro-organismes n’aiment pas le soleil, il faut les recouvrir d’un mulch afin qu’ils puissent tisser leurs liens souterrains au bénéfice de tout l’écosystème que représente un sol vivant.

Les premières poignées d’IMO 4 ont rejoint mon grand bac et je projette de l’utiliser pour mes tomates qui manifestent du mécontentement au bout de quelques année sur la même parcelle. Mais même sans pouvoir encore témoigner de résultats mirifiques, j’ai été émerveillée à chaque stade des transformations des micro-organismes magiques !

* « In Balance With Nature », Joshua Sparkes, dans Gardens Illustrated, février 2019.

 

 

2 réflexions sur “Korean Natural Farming…

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