Le parterre autonome

Etat des lieux : juin 2015

LTAJ-NewDawn
Rosier ‘New Dawn’, Fenouil bronze, Echinops et Achillée

Dans mon « à propos » du mois de février, j’avais promis de donner des nouvelles de différents endroits de mon jardin, dont le parterre autonome. C’est un parterre qui avait été particulièrement malmené par le ravalement de la façade de notre maison l’automne dernier. C’est aussi l’un des rares endroits chez nous avec une terre pauvre et sèche, ce qui m’a permis d’y conduire l’expérience du parterre autonome : créer une communauté de plantes qui s’auto-gère autant que possible.  

Au mois de mars, ça part doucement
Au mois de mars, ça part doucement

Jardiner c’est intervenir ! Mais le degré d’intervention peut varier beaucoup : le « jardinier classique » est prêt à dominer la nature avec sa force physique, son pistolet à produits chimiques et sa panoplie de machines à moteur thermique. Le doux « jardinier naturel » rêve d’installer quelques belles vivaces biens choisies et de les abandonner à la nature bienveillante sans avoir à y revenir. Mais si on condamne trop facilement la conduite du premier, le second se retrouve très vite sans jardin…

Le parterre autonome n’est donc pas si autonome que ça. Premièrement, j’y ai installé un rosier grimpant ‘New Dawn’ qui, bien que résistant aux maladies, a besoin d’être taillé et attaché à son support tous les ans. Deuxièmement, même si ce ne sont pas les maçons qui me ratiboisent les vivaces à la fin de l’automne, quelqu’un doit le faire. Les nouvelles pousses finiraient évidemment par percer malgré la présence des anciennes tiges, mais là, on est déjà dans l’anarchie, à deux pas de la jungle !

Début avril, les oreilles d'ours se pointent
Début avril, les Oreilles d’ours se pointent

Et puis, même si un équilibre se crée au fil des années, il sera toujours sujet à un bouleversement par des facteurs extérieurs comme les conditions météorologiques, les prédateurs ou les ballons de foot. Je jardin n’est pas un lieu stable, tranquille et durable. Seul le changement y est permanent !

L’autonomie de mon parterre réside donc plutôt au niveau de la liberté de déplacement. Car oui, les plantes bougent. D’année en année, je ne retrouve pas les Oreilles d’ours au même emplacement, tout comme les Sauges sclarées (ce sont souvent des bisannuelles qui se ressèment imprévisiblement). Après la table très rase de l’année dernière, j’ai aussi constaté – avec une légère inquiétude – que le fenouil a pris encore plus le dessus par rapport aux autres années. Il faut savoir que Foeniculum vulgare se ressème agressivement et devient très vite indélogeable à cause de sa racine profonde. Mieux vaut désherber – donc intervenir – au printemps pour limiter sa présence (couper les inflorescences avant que les graines ne tombent est un autre moyen de contrôle, mais j’aime les garder pour les oiseaux).

En mai, les feuillages prennent de l'ampleur
En mai, les feuillages prennent de l’ampleur

L’Echinops sphaerocephalus et très décoratif grâce à son feuillage et ses boules piquantes. Il se propage également par semis, qui s’arrachent plus facilement. Sa floraison blanche est aussi belle que brève, mais il ne meurt pas élégamment…ceci dit, ça se noie facilement dans la masse.

L’Achillée filipendule me plaît particulièrement juste avant de virer au jaune. Comme elle est très facile à vivre, je lui pardonne sa couleur dorée qui me rappelle un peu trop les pissenlits et boutons d’or à peine défleuris.

Echinops sphaerocephalus et Stachys byzantina
Echinops sphaerocephalus et Stachys byzantina

Dans cette petite communauté, je tolère la présence de certaines mauvaises herbes, notamment quelques jolies graminées pas très vigoureuses dont je ne connais pas le nom. La Bryone dioïque, par contre, commence à poser problème. Il est quasi impossible de sortir sa racine charnue et profonde de ce fouillis de plantes. Jusqu’à présent, j’appréciais ses lianes aux petites fleurs verdâtres, mais désormais elles menacent d’étouffer la clématite que j’ai plantée ce printemps pour qu’elle se hisse dans le rosier. Je n’ai donc pas fini d’intervenir et de jouer mon rôle préféré auprès de mes plantes, celui de jardinier !

LTAJ-ParterreAutonomeAvantApres

3 réflexions sur “Le parterre autonome

  1. j’avais zappé ton mail.
    J’aime bien ce coté sauvage, ou « abandonné » mais maitrisé, de ton parterre. Je confirme, s’est un plaisir de lire tes articles. Ne change rien. Ton écriture est fluide et pleine de poésie. On en redemande ……
    A bientôt

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